Mais quelle honte ! Le pauvre dans ce bureau ovale !

Je ne suis guère l’actualité, tellement déprimante. Mais je n’ai pas pu échapper à la façon dont l’entretien Trump-Zelensky s’est passé dans le bureau ovale ce 28 février 2025. Ils devaient, en principe, parler d’un accord sur l’exploitation des ressources ukrainiennes en minerais, ceci après que les présidents Trump et Poutine aient débuté, seuls, sans l’Ukraine, les réflexions sur des négociations de paix.

Après avoir vu défiler aussi bien les commentaires des pro-Zelensky que ceux des pro-Trump, totalement opposés évidemment, j’ai donc regardé l’extrait médiatisé de cet entretien.

D’abord, surprise visuelle ! Le président Zelenski n’est pas en treillis de soldat ! Mais néanmoins pas du tout en costume-cravatte évidemment. Faut pas pousser. J’ai toujours salué son art de la communication. C’est vrai qu’il vient du monde du spectacle.

Ensuite, je suis avec intérêt ses tentatives de participer à l’entretien et je me dis, à chaque tentative, qu’il tape à côté. Au lieu de se mettre au diapason de ce début de négociation et de possibilité de paix, il rappelle, de manière maladroite et tronquée, les différends passés avec la Russie. On en n’est plus là Monsieur le Président. Le temps de la propagande de guerre est terminé. J’aurais compris qu’il évoque avec tristesse la façon dont l’administration états-unienne précédente lui a fait miroiter, de façon criminellement honteuse, des aides conséquentes, mais il a, au contraire, fait en sorte d’agacer ses deux interlocuteurs. J’ai eu l’impression très forte de voir un homme qui joue la comédie du « je suis le pauvre petit sans défense qui se fait broyer par deux ogres impitoyables ». Bien joué Monsieur le Président Zelensky, beaucoup y ont cru. Je salue la technique manipulatoire ultime car il est naturel d’avoir une empathie forte pour celui qui a l’air opprimé. Et surtout, ça lui permet de ne pas signer tout de suite cet accord sur les minerais ukrainiens, dernière humiliation avant la déclaration de la défaite finale.

En fin de compte, je suis un peu triste pour lui, mais ce sentiment s’est très vite estompé en pensant à sa responsabilité dans tant de morts depuis 2022, après qu’il a rompu les négociations en cours avec la Russie en avril 2022. Voir à ce propos, le rappel des faits par le Professeur Jeffrey Sachs, qui avait suivi personnellement ces négociations: « Zelinsky a dit en sept jours « négocions » (je connais les détails parce que j’ai parlé à toutes les parties en détail en l’espace de deux semaines). Il y a eu un échange de documents que le président Poutine avait approuvé, que Lavrov avait présenté et qui était géré par les médiateurs turcs. MAIS l’Ukraine s’est retirée unilatéralement d’un accord presque conclu ! Pourquoi ? Parce que les Etats-Unis le lui ont demandé, parce que le Royaume-Uni a ajouté la cerise sur le gâteau en envoyant Bojo (Boris Johnson) en Ukraine début avril pour soutenir les Etats-Unis… »

Finalement, je me dit que j’aurais mieux fait de m’abstenir de regarder tout ça et de rester dans ma bulle. Ce cirque politico-médiatique est à vomir.

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